► Illettrisme ou "insécurité langagière ?"

Une personne est en situation d’illettrisme lorsque, malgré une scolarité en France, elle n’a pas acquis une maîtrise suffisante des compétences de base en lecture et en écriture qui permettrait d’être autonome dans les situations simples de la vie courante.
Aujourd’hui, ces inégalités d’accès à l’écrit sont socialement reconnues et font l’objet de nombreux travaux de recherche tant au niveau de leurs origines, des conséquences et des remédiations possibles. Mais ces difficultés de communication se cantonneraient-elles à l’écrit ?  Lire la suite

 

 

► Compétences clés visant à lutter contre
    les situations d’illettrisme

inventaire

 

 

 

► Femmes d’aujourd’hui dans les métiers de demain

en 2019 formation autour des métiers en tension dans lesquels

les femmes sont faiblement représentées : numérique, agro-alimentaire,, transport/logistique/industrie

 

 

 

 

► La laicité en questions – BNF

Sur le site de la Bibliothèque Nationale de France : des images, des textes de référence, des pistes pédagogiques

 

 

► Département de l’Allier : "Renforcement des actions d’apprentissage du français par des volontaires du service civique"

Depuis de nombreuses années, existent des ateliers d’apprentissage du français ou d’alphabétisation a destination des populations allophones résidents sur le territoire. Le département de l’Allier est devenu progressivement un département d’accueil de plus en plus de migrants. De 200 places de demandeurs d’asile en 2012, les dispositifs accueillent aujourd’hui plus de 1 000 personnes.

En 2018 se met en place une plateforme sur chaque territoire du département dédiée aux actions d’apprentissage du français,

L’objet de ce projet est de renforcer les dispositifs existant en jouant sur 3 leviers :

1.      – une connaissance améliorée des acteurs et des actions menées sur les trois bassins du département

2.      – la déclinaison d’une information affinée accessibles aux bénéficiaires sur les offres de formations ;

3.      – le renforcement de la capacité de formation par l’appui de volontaire en service civique dans les ateliers d’apprentissage du français ou d’alphabétisation du territoire

Dans ce cadre, le CRI Auvergne a été sollicité par la DDCSPP 03 pour l’organisation du programme d’accompagnement et notamment de formation des volontaires et/ou de leur tuteur qui nécessite de recourir à des compétences pédagogiques et de disposer de capacités logistiques (plateformes réunissant le Greta de Vichy, la MJC de Montluçon, Unis-cités et les associations de terrain)

 

► La formation professionnelle, de la promotion sociale à  la promotion de soi (Université 2018 de l’Afref)

Enseignant-chercheur émérite en Sciences de l’éducation à l’Université Paris-Nanterre, Hugues Lenoir présentait en introduction de l’Université 2018 de l’Afref [3] une histoire critique de la formation professionnelle, inscrite dans la lignée de l’éducation populaire. Il choisit de brosser un mouvement qui, de la promotion sociale à la promotion de soi, embrasse une approche libérale de la formation, avec un risque de « marchandisation, de dérive éthique et de soumission aux besoins de l’entreprise ».

Éducation populaire, éducation permanente…

Attachant l’éducation aux racines de l’abbaye de Thélème de Rabelais dont la devise était « Fais ce que voudras », il prône la vision d’individus choisissant de s’éduquer, avec un esprit critique loin des préoccupations instrumentalistes. Citant Condorcet et son Rapport sur l’instruction publique de 1792, il défend l’idée d’une éducation qui permette de devenir citoyen, pour distinguer «  ceux qui pensent de ceux qui croient ».

Il évoque ensuite les universités populaires créées après l’affaire Dreyfus, la Fédération des Bourses du travail de Fernand Pelouttier, toutes promouvant une éducation émancipatrice. Elle s’incarne dans la loi de 1971 « portant organisation de la formation professionnelle continue dans le cadre de l’éducation permanente », dite loi Delors. Un cadre progressivement grignoté par les lois successives.

Des droits sous tutelle

Ainsi dès 1984, le Congé individuel de formation (Cif) est accessible sous tutelle du paritarisme : « l’individu peut choisir une reconversion à condition de se soumettre à quelque chose qui lui échappe ». Certes, la VAE en 2002 reconnaît les compétences individuelles, mais la loi de 2004 fait disparaître la mention de l’éducation permanente dans son titre, ce qu’il dépeint comme « le renoncement des partenaires sociaux à cette idée ». Pour le chercheur, le droit individuel à la formation (Dif) repose sur le mythe de la co-construction. La loi de 2009, qui introduit un peu d’égalité pour les demandeurs d’emploi avec la création du FPSPP [4], est aussi l’étape d’une première recentralisation de la formation avec le renforcement des contrôles des Opca par l’État.

Individualisme mal compris

Le compte personnel de formation (loi du 5 mars 2014) crée un droit individuel « informel », soumis aux listes de formations éligibles au CPF. Bref, l’individu n’est pas libre. Le sera-t-il avec la loi de 2018, où pointent les risques de marchandisation de la formation, de sa digitalisation, et un contrôle de l’État renforcé ? « C’est de l’individualisme mal compris, estime Hugues Lenoir. On s’éloigne des objectifs anciens : faire œuvre de soi dans toutes ses dimensions, citoyennes, humaines, professionnelles, artistiques ».

le quotidien de la formation 18 décembre 2018 – Christelle Destombes